Pour une Afrique Debout
Discours, Idéologies et résistances

(Quatrième et dernière partie) 


C’est parce que nous avons laissé les autres définir le monde, que notre aventure intellectuelle a été ainsi balisée; que nous avons été maintenus, le nez plongé dans nos différentes spécialités et fonctions. Lesquelles, telles des œillères, nous ont empêché de lever les yeux pour voir le panorama général de notre condition. C’est ainsi que l’on peut entendre certains, parler de la recolonisation de l’Afrique, comme si elle avait cessé. Le néocolonialisme serait-il un mot creux sans réalité ? N’est-ce pas faire preuve d’une extrême naïveté, que de croire que, parce que le loup a mis un manteau d’agneau, on peut maintenant baisser la garde, lui faire entièrement confiance, et cheminer avec lui, main dans la main vers un futur « d’égalité, de paix et de justice ».
 
Si nous levions la tête pour penser par nous-mêmes, nous verrions comment le passé de cinq siècles de servitude, continue de façonner notre présent. Nous verrions que c’est la continuité de la colonisation physique et mentale, qui fait perdurer la pauvreté, les conflits à travers des relations de sujétion politique, intellectuelle et d’exploitation économique.
 
Si l’efficacité des mécanismes de ces relations oppressives, repose sur leur invisibilité1, l’intelligence de nos intellectuels, ne devrait-il pas consister à les dévoiler et d’appeler à les combattre ?
C’est parce que l’on nous a enseigné que l’esclavage se limitait à la traite atlantique, que nous avons du mal à nous faire à l’idée que l’esclavage ne se passait pas uniquement dans les plantations d’Amérique et des Caraïbes, mais aussi, sur le continent, dans les vastes plantations d’hévéa, de coton et qu’il continue, encore aujourd’hui, dans les mines de diamant, d’uranium, de coltan, etc. Si l’esclavage hors du continent a été tragique, celui sur le continent l’était aussi tout autant. Sur le continent, les Africains subissaient tortures, génocides, et ont connu les emprisonnements arbitraires pour ravitailler « l’armée des « forçats », du « travail, au bénéfice des colonisateurs».
 
La principale différence portait, à notre humble avis, sur le mode de gestion, du fait des différences de contexte, du fait que les esclaves appartenaient principalement à des particuliers, hors du continent, et aux autorités étatiques sur le continent.
 
Les fiers managers d’aujourd’hui ne sont pas très différents des slaves drivers du temps de l’esclavage. 


Pour une Afrique Debout
Discours, Idéologies et résistances

(Troisième partie) 


La « militante neutralité » de nombreux « intellectuels » africains, est l’un des signes les plus évidents de la torpeur en Afrique surtout dans l’espace francophone. Leur travail académique est très peu orienté vers la résolution des nombreux défis qui se pose à leurs sociétés, afin d’y mener les transformations nécessaires. Bon nombre d’entre eux, se refugient souvent derrière leurs fonctions, pour fuir leurs responsabilités humaines.

Leur engagement n’est, bien souvent, que superficiel, contrairement aux grands intellectuels qui ont joué un rôle important dans l’histoire de la pensée africaine, et de l’humanité, qui eux, ont lié l’action à la pensée, dont le travail académique s’est nourri de leur engagement politique et de leurs idéaux.

Peut-on en toute bonne conscience, se contenter d’écrire livres et articles, animer des conférences, même si c’est important, pendant que, venus des quatre coins du monde, des milliers de personnes, apparemment pas du tout découragés par la complexité de la situation, foulent le sol de nos pays, afin d’expérimenter leurs solutions, qui participent à façonner, réorganiser et ainsi, transformer nos sociétés ? Les populations africaines n’ont pas envoyé leurs enfants à l’école pour qu’ils considèrent comme seule signe de militantisme, la dénonciation verbale des dirigeants, ce qui « n’ajoute rien » à « leur compréhension » de leur condition, et ne suffit pas à la changer. Même les oppresseurs dénoncent les injustices. Elles attendent de leurs enfants non pas la réclamation d’un plan Marshall1, mais leur propre plan de restauration de la dignité du continent.

L’Afrique a besoin de penseurs, d’académiciens, de professionnels, qui descendent de leur superficiel « piédestal », pour « s’élever » dans la grande arène du combat pour la Liberté et la Justice.

La déstructuration de nos sociétés, est favorisée par l’absence de véritables espaces de concertation capables de créer des synergies afin de faire face aux nombreux défis qui se posent aux populations. Les Africains parlent peu avec les Africains, si ce n’est par l’intermédiaire, ou sous l’impulsion des organisations et des institutions étrangères qui nous dictent leurs priorités. Bien souvent, les « questions nationales » ne le deviennent, que lorsqu’elles sont portées par des ONG internationales. Les forces vives de nos pays, nos académiciens, les mouvements de femmes, les organisations paysannes et autres parlent plus dans les plateformes internationales qu’au niveau local. 

Pour une Afrique Debout
Discours, Idéologies et résistances

(Deuxième partie) 


Là où la tradition académique des Européens, en général, et des Français en particulier, reflète leurs préoccupations politiques, leurs questionnements existentiels et leurs ambitions économiques,1 celle des Africains est, quant à elle, laissée au gré du vent de «l’objectivité et de la neutralité ; qui curieusement, semble souffler, toujours dans le sens des intérêts des puissants. Ils ne parlent ni à leur peuple ni pour leur peuple.

Quand chez les autres peuples, l’affiliation idéologique est affichée et assumée jusqu’au sein même de leurs forces de police, les Africains sont devenus, des « citoyens du monde », convaincus que la mondialisation aurait aboli les différentes barrières, jusqu’aux différences de condition entre les dominés et les dominants.



Pour une Afrique Debout
Discours, Idéologies et résistances
(Première partie) 


Conçue historiquement pour légitimer l’esclavage et la colonisation, l’idéologie raciste a inauguré une vaste entreprise de déshumanisation des peuples non-Européens et, des Africains en particulier.
 
C’est à travers les discours politiques, les travaux scientifiques, les œuvres romanesques, les productions artistiques et les narrations médiatiques, que la hiérarchie raciale entre les différents peuples de l’humanité a été établie, valorisant les expériences des Européens et minimisant celles des autres peuples.
Ces discours qui permettent aux groupes dominants de légitimer et perpétuer leur domination, leurs privilèges et intérêts, se traduisent par des tentatives de construction et de reconstruction de la réalité, afin de contrôler la perception que les dominés ont d’eux-mêmes et de leur condition. 



AFRIQUE, l'APPEL DE L'HONNEUR
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Le livre n'est plus disponible en téléchargement, pour obtenir un exempaire, n'hésitez pas à nous contacter.
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Réseau International de Solidarité et d’Echanges pour l’Unité Panafricaine : R.I.S.E. - U.P.


Considérant que les Africains partagent une condition commune, qui se traduit au niveau de la diaspora, par leur marginalisation et leur relégation au statut de citoyens de second rang, du fait de politiques racistes et discriminatoires institutionnalisées, et leur enfermement sur leur propre continent dans les serres de la grande pauvreté, conséquences des effets dévastateurs des politiques impérialistes.

Devant le constat, qu’après plus d’un demi siècle de pseudo indépendances, nos pays demeurent, dans leur majorité, des Etats-vassaux, dirigés par des agents de la domination néocoloniale et servent des intérêts étrangers.

Cette classe politique qui a pris en otage l’expression de la volonté souveraine de nos peuples, a instauré un système basé sur la corruption, le clientélisme, dont l’objectif est de maintenir les Africains dans la servilité, par l’organisation du pillage systémique de nos ressources naturelles, le contrôle de nos économies par des capitaux étrangers à travers l’endettement excessif et inapproprié et la dépendance.

Cette situation est responsable de la précarisation des travailleurs, des paysans, des artisans, des populations urbaines, de la croissance des inégalités, de l’ampleur du chômage des jeunes, de la paupérisation des retraités.

Small axe interface


Pour promouvoir nos idées sur le modèle de développement économique, nous disposons d’une structure :
« Small Axe Interface »

« Small Axe Interface » a pour ambition de servir de carrefour entre les différents acteurs culturels et économiques de la Diaspora et du continent ; avec comme objectif, d’apporter sa modeste contribution pour permettre l’émergence d’un tissu économique moderne et performant, en essayant de transformer les défis sociaux en opportunités économiques.


« Small Axe Interface » propose aux agents institutionnels, économiques et culturels : Conseils, Formations et Organisation d’événements.

Il opère en combinant engagement social et objectifs économiques. Il comporte donc un volet associatif et un volet entrepreneurial.

Associatif
  • Favoriser une meilleure implication des populations locales et de la diaspora, dans le progrès économique et social de leur pays.
  • Initier des actions pour soutenir les efforts de développement local entrepris par les collectivités locales dans plusieurs domaines dont l’économie, l’éducation, la culture.
Entrepreneurial
  • Créer des entreprises censées développer et assurer la pérennité des actions initiées dans le domaine social.
  • Participer à la création d’emplois à travers l’organisation et la modernisation du circuit économique et commercial intérieur.


Objectifs généraux

  • Valorisation des patrimoines culturels et naturels et locaux,
  • Favoriser l’autonomie et l’insertion sociale et professionnelle des jeunes,
  • Redynamiser les communautés villageoises, en les accompagnants dans leurs tentatives d’acquérir plus d’autonomie dans la gestion et la mise en valeur de leurs collectivités,
  • Renforcer les capacités des artisans par l’accompagnement dans leurs méthodes de travail, la formation à la gestion de leurs activités,
  • Etablir des liens de collaboration plus étroits entre le monde artisanal et agricole,
  • Participer à la structuration du tissu économique et commercial.
Document utilisant une série d’images décrivant les derniers mots des noirs victimes de la violence policière aux Etats Unis d’Amérique   -    "Last Words" de Shirin Barghi
Source : http://www.shirinbarghi.com

Pourquoi ce site ?


Notre objectif est d’apporter à travers ce blog notre modeste contribution à l’effort de revivification de la pensée et du mouvement Panafricaniste surtout en ces périodes de turbulences sociales, politiques et économiques. L’urgence d’un souffle de renouveau du militantisme pour la justice à l’échelle globale se fait de plus en plus sentir.


C’est un endroit ou nous essaierons  d'exprimer nos opinions politiques, de partager nos préoccupations  sociales et économiques .
 
Nous en profitons aussi pour publier aussi quelques extraits de l'ouvrage
"Afrique, l'Appel de l'Honneur".
Il s’agit d’un essai politique qui prend prétexte des différents aspects de la domination occidentale sur le continent africain et les divers mécanismes de l’oppression du peuple africain pour attirer l’attention des Africains sur les mutations sociopolitiques actuelles qui menacent gravement la survie de nos pays et nos libertés fondamentales.
Parmi les sujets abordés les différents aspects de la domination que subissent nos sociétés leurs mécanismes et leurs agents, ainsi que les pesanteurs qui font que le panafricanisme peine à retrouver ses marques dans ce siècle.
Nous essaieront de partager aussi les productions artistiques qui expriment  la dimension esthétique du combat politique de l'Homme contre les Injustices et l'Oppression. 

Notre objectif ultime est d’appeler la grande famille africaine à s’unir autour d’objectifs qui rejoignent les intérêts de la majorité des masses africaines.


Sidya Diop





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