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Comment se construit l'image
négative de l'Afrique ?


Nous avons pensé qu’il serait intéressant de se pencher sur les actions et surtout les narrations médiatiques sur le continent Africain, narrations produites par les différents intervenants qu’ils soient journalistes experts, membres des organisations non gouvernementales et associations humanitaires et leurs collaborateurs africains. On se rendra bien vite compte que ces discours suivent une logique presque constante. Leur substance n’a que peu changé depuis le 19ème siècle. Ils s’inscrivent dans une logique de désinformation ou tout simplement d’occultation des entreprises d’exploitation des peuples présentés comme étant responsables de leur misère.

Nous espérons pouvoir à travers cette rubrique explorer les sournois mécanismes de l’oppression en Afrique, à travers les actions les plus anodines et innocentes en apparence.


Le texte, ci-dessous, que nous avons choisi de publier, a le mérite d’illustrer de façon pertinente les différents éléments qui constituent le corps de ce discours qui a servi à façonner l’image de l’Afrique et des Africains.

Quand un Français et un agriculteur Guinéen 
se tendent la main sur le Web, ça marche !


« Medmo cultive son potager grâce aux conseils envoyés sur Internet par un Français originaire du Vaucluse. Photos Max Grand.

Plus de 4 000 kilomètres séparent Max, un français originaire de Cavaillon, dans le sud de la France, et Medmo, un agriculteur de 27 ans qui vit à Kindia, dans l’ouest de la Guinée Conakry. Pourtant, leur rencontre sur Internet a donné naissance à un projet agricole ambitieux dans une région où les moyens manquent.

Leur rencontre sur Internet en 2010 a permis au jeune guinéen de recevoir des conseils pour transformer une brousse en jardin potager. Le projet s’est structuré et vient de prendre le nom de Kindi@venir avec pour objectif d’aider les jeunes agriculteurs de la région de Kindia.
Medmo a commencé à produire des piments dès 2009 et a augmenté sa production grâce aux conseils de Max.

La Guinée est un pays encore majoritairement rural, avec 80 % de sa population vivant de l’agriculture. Pourtant en 2002,  le pays importait les trois quarts du riz consommé. Depuis, le gouvernement a investi 700 milliards de francs guinéens [76 millions d’euros] et consacre 10 % de son budget au secteur agricole. Une politique d’autosuffisance alimentaire pour passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture de marché.

Mohamed Tonyp Camara (Medmo) a 27 ans. Il s’est lancé dans l’agriculture en 2009 à Kindia.

J’ai fait des études en chimie industrielle à Conakry, mais dans ce domaine, ce n’est pas évident de trouver un travail. Avec un ami, dont les parents avaient des terres à Kindia, on s’est dit qu’il fallait innover, ne pas juste utiliser ces terres pour la culture vivrière. Quand on parlait de notre projet aux gens, ils nous disaient qu’on perdait notre temps, que l’agriculture n’était pas une priorité du gouvernement [en 2009], et qu’on reviendrait en ville au bout de quelques mois.

On a d’abord cultivé des légumes, des aubergines et du maïs. Mais notre production ne décollait pas, car on n’avait pas de bases techniques. J’ai lancé un appel à l’aide sur Internet et c’est Max qui m’a répondu : il nous a fait des plannings, nous a envoyé des semences, nous a imprimé des T-shirt et trouvé le nom et le logo pour notre association Kindi@venir. C’est lui qui nous motive depuis trois ans. C’est mon mentor, sans lui, je serais peut être retourné à Conakry.
Les agriculteurs ont deux boeufs mais ne disposent que d'une charrue rudimentaire.

Aujourd’hui, nous sommes une dizaine à participer à ce projet. On dispose de cinq hectares de terrain, mais on n’en a défriché qu’un seul. Les 4 hectares restants doivent être débroussaillés, mais on ne dispose que de machettes. Notre problème principal, c’est qu’on a des bœufs, mais pas de charrue.

Notre production mensuelle varie, il faut parfois attendre trois mois pour pouvoir récolter. Le mois dernier, nous avons récolté 1500 m² de maïs, mais on ne vend le sac de 60 kilos qu’entre 150 000 et 200 000 francs guinéens (entre 15 et 20 €). À l’arrivée, lorsqu’on soustrait toutes les dépenses, il nous reste entre 30 000 et 50 000 francs guinéens (entre 3 et 5 €) qu’on se partage à quatre. Les autres sont payés en sac de nourriture car on n’a pas les moyens de leur donner un salaire.

Un des champs de maïs de Medmo. Quatre hectares de terrain n'ont pour l'heure pas pu être débroussaillés.

Pour ne rien arranger, des chercheurs ont trouvé un gisement de diamants sur le terrain où on cultivait du piment. On nous a dépossédé du terrain, proposé un autre terrain équivalent en superficie mais pas approprié pour l’agriculture… On attend toujours d’être dédommagé.

Ce travail n’est pas suffisant pour vivre correctement, mais c’est notre passion. On s’accroche car on est encore en phase de formation. À terme, on voudrait développer le projet "un élève, un jardin" pour sensibiliser au plus tôt les enfants guinéens et rompre avec la vision vivrière de l’agriculture dans notre pays.

Max Grand a 63 ans. Il vit à Cavaillon, dans le Vaucluse.

Je suis fils de paysan vauclusien, né dans la même ferme que mes aïeux à l’Isle sur Sorgues. Avec Medmo, nous correspondons au moins une fois par semaine depuis 3 ans. Pourtant, je ne connais rien à l'Afrique, je n’y suis jamais allé.

Pour l’aider, j’essaie de faire des choses simples : je reçois régulièrement les prévisions météo de Kindia, pour le conseiller, et je lui envoie des colis de semences, mais ils sont régulièrement perdus par la poste. Pour qu’il en reçoive, je dois compter sur des amis qui lui emmènent directement les colis en Guinée malgré l'interdiction d'exporter des graines.
Grâce à une de ses connaissances, partie en séjour à Conakry, Max a pu transmettre des graines à Medmo.

Lorsque je discute avec lui, je m'aperçois qu’il est très marqué par les traditions agricoles de son pays. En Guinée, on ne sait pas bien rentabiliser les terres qui demeurent incultes trop de mois par an. Pour eux, le moment de la saison des pluies correspond à notre hiver, et ils ne cherchent pas à produire. Pourtant, même des tomates pousseraient à 30°C ! Je lui ai envoyé des sachets de radis qui pourraient pousser en 18 jours même avec les pluies abondantes, mais il n’est pas parvenu à les exploiter.
La plupart des légumes sont cultivés par terre, sans tuteurage.

Sur les photos qu’il m’envoie, j’ai vu qu'ils cultivent tout par terre. Je lui ai conseillé de conserver des roseaux de leur brousse pour tuteurer des plants de tomates, mais comme ils n'ont jamais vu ça, ils ne peuvent pas l'imaginer. Mon objectif, c’est de faire connaître ce projet pour inviter des anciens agriculteurs et maraîchers français à partir quelques semaines en Guinée pour leur montrer des techniques.

Ma plus grande satisfaction serait que Medmo parvienne à faire pousser du melon dans son champ pour moi qui suis originaire de Cavaillon [le melon est le produit phare de la ville mais est aussi produit en Guinée].

Source :

http://observers.france24.com/fr/20130719-france-guinee-unis-passion-lagriculture


Les rôles et comportement sont bien campés : le pauvre Africain demandeur d’aide, face à la générosité de l’occidental toujours prêt à aider même au mépris de la loi et qui continue de faire des miracles en Afrique, transformant une brousse en jardin potager. En toile de fond, on perçoit la légendaire simplicité d’esprit de l’Africain qui, même s’il a fait des études, demeure incapable d’effectuer les opérations mentales les plus élémentaires.Ce jeune homme est capable d'utiliser internet pour demander de l'aideau niveau international mais pas pour pour regarder la météo de sa région.

Tout y passe, de la paresse des africains, qui depuis trois ans ne parviennent pas à débroussailler les quatre hectares de terres, à la corruption des pouvoirs publics, l’arbitraire de l’administration, en passant par la négligence des services postaux Sans oublier, le généreux mentor qui ne connaît rien à l’Afrique, excepté ce que tout le monde « connaît »d’elle: notamment des ressources intellectuelles très limitées et le manque et d’ingéniosité de ses habitants. L’histoire de ces braves jeunes africains à qui nous souhaitons de trouver des pépites de diamant dans leurs terres, comme dans tant d’autres narrations semble faite pour nous amener à nous poser cette question « existentielle » : que seraient les Africains sans ces généreux occidentaux à qui nous devons presque tout?

L’auteur de cet article, ayant été à bonne école, n’a fait que reproduire un discours bien rodé, servi depuis des siècles et qui marche à merveille, surtout pour un public principalement composé de personnes tellement intelligentes qu’elles n’éprouvent plus le besoin de réfléchir.

Vous pourrez voir ci-dessous, sur lien vers le tableau de la saisonnalité des fruits et légumes en Guinée Conakry, ce que savent faire malgré leurs énormes limites intellectuelles, ces pauvres bougres qui n’innovent jamais et qui ne produisent pas pendant la saison des pluies.