Extraits                                                  

La domination monétaire par le Franc CFA

La strangulation économique du continent africain repose principalement sur le contrôle des leviers monétaire et financier. Ce contrôle se traduit de façon concrète par son exclusion de fait du système monétaire international, ainsi que par l’endettement dont la finalité est de faire main basse sur les ressources de nos pays.

S’il a existé, en Afrique, plusieurs zones monétaires héritées de la colonisation et de pays disposant de leur monnaie nationale sous domination étrangère, le système du Franc CFA en Afrique francophone offre l’exemple le plus pertinent d’asservissement monétaire.

Les pays membres de la zone Franc sont littéralement dépossédés de leur souveraineté monétaire ou mieux, de leur souveraineté tout simplement.

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A l’école de la fascination pour l’Occident


En Afrique, l’accueil sans réserve que nous faisons à l’expertise étrangère vient en grande partie du complexe d’infériorité véhiculé par l’école, ce qui a tendance à nous convaincre de notre incapacité à compter sur nos propres ressources intellectuelles.

Le système éducatif est un dispositif essentiel, dans le maintien de la domination occidentale sur les peuples africains. Elle est le lieu privilégié de la diffusion de l’idéologie néo-coloniale et de ses multiples mécanismes d’aliénation. Cela, en substituant par une conquête des esprits, infiniment plus subtile et plus pernicieuse, la sujétion par les armes qui, elle, ne contraignait que les corps.

C’est parce que l’école en Afrique, a généralement conservé l’essentiel de l’héritage colonial dont les objectifs étaient de former nos esprits aux intentions du maître1. En imposant les langues étrangères comme langue véhiculaire dans nos pays2, nous perdons les moyens de comprendre notre propre environnement direct et surtout les véritables enjeux du monde dans lequel nous vivons.

Depuis, s'il y a eu quelques changements après les indépendances, ils ont porté sur l’encadrement pédagogique et administratif, les finalités, les contenus et les orientations sont demeurés les mêmes.

Il n’est point besoin d’être expert pour comprendre qu’il existe un lien de causalité évident entre éducation et changement social, dont la clé réside dans le contenu des programmes d’enseignement et de formation professionnelle.

Les programmes scolaires qui sont très souvent, l’expression fondamentale des priorités nationales ou des visions du monde propres à chaque culture, n’ont pas bougé.

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La dette : un instrument de domination financière


L’inégalité des échanges et les pressions monétaires, ont méthodiquement balisé le chemin vers le surendettement de nos Etats.

La dette africaine, participe de cette volonté de domination financière des pays riches, sur les pays pauvres. Les causes de l’endettement ne sauraient donc se résumer uniquement à l’absence de démocratie, de bonne gouvernance, ou la corruption de nos gouvernants, dont la responsabilité bien que réelle, n’épuise pas tous les aspects du problème. Cet endettement, résulte à notre sens, de la volonté délibérée d’individus désireux de réaliser d’énormes profits, en accordant des crédits à des taux d’intérêts excessifs à des pays qu’on s’est évertué de à maintenir, dans d’énormes difficultés économiques.

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Les ONG : Agents de la domination neocoloniale


Sous le terme d’ONG, se retrouve une large palette d’organisations les plus diverses, allant des organisations philanthropiques, qui fournissent une aide humanitaire aux victimes de conflits et de catastrophes naturelles, à celles qui s’occupent d’activités politiques en œuvrant pour des changements structuraux à long terme, tels que l’organisation de la société civile, la transition démocratique etc. Leur présence depuis plusieurs décennies auprès de nos populations a participé à la modification de la structure du tissu social de nos pays, par leur implication au niveau politique économique et idéologique.

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Rompre avec le culte du Messie 


« La lecture des évènements, en perdant de vue l’intérêt des Africains, s’est exprimée dans le culte de la personnalité entretenue autour de la personne de Nelson Mandela. La sur-médiatisation du personnage visait très probablement à empêcher de mener une réflexion lucide sur l’Apartheid, sa place dans le système de domination capitaliste sur nos sociétés, et d’analyser les moyens qui ont participé à l’effondrement ou plutôt la mutation de ce système.

L’Apartheid constitue un terrain d’étude propice pour les générations d’Africains n’ayant pas vécu la colonisation. Dans la mesure où il livre les clés des mécanismes réelles de la domination capitaliste sur nos sociétés, en tant qu’illustration saillante de l’imbrication entre exploitation économique et oppression raciale.

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Une politique sous pression


La domination la plus nette de nos pays, se manifeste dans le domaine politique, car c’est à ce niveau que sont prises les décisions qui affectent l’ensemble des secteurs d’activités de nos sociétés.

Les « indépendances » africaines, ont paradoxalement consacré la présence de plus en plus effective des pays occidentaux sur le continent. Ce fut l’occasion pour de nombreux conseillers administratifs et militaires, de venir apporter leur soutien aux jeunes Etats, dépourvus de « compétences pour diriger un pays. » Dans les pays francophones, la présence française s’opère dans le cadre des fameux accords de coopération. Ces accords, offrent un cadre légal à la pérennité de la domination française sur nos pays. Elle permet à la France d’exercer son contrôle sur l’émission monétaire, d’avoir presque l’exclusivité des matières premières stratégiques, d’obtenir que ses entreprises aient le monopole dans les secteurs économiques vitaux (eau, électricité, ports, transports, énergies) et d’établir ses bases militaires.

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Tirailleur : héros malgré lui ou collaborateur inconscient ?


« Le corps des tirailleurs sénégalais, créé en 1857 par un décret de Napoléon III, a participé à toutes les campagnes coloniales menées par la France, sur différents théâtres d’opérations du continent africain, jusqu’aux deux grandes guerres européennes, sans oublier l'Outre-mer et l'Indochine.
Les tirailleurs sénégalais ont joué un rôle actif dans les campagnes d’agression de peuples frères et de résistants africains. Qu’ils aient participé aux deux grands conflits mondiaux auprès des « alliés » est ce une raison pour faire de ce corps d’armes un objet de fierté, jusqu’à penser leur rendre hommage ?
Si ces hommes ont pu faire acte de bravoure, ce n’est jamais qu’au service de ceux qui étaient à l’origine de l’asservissement de leurs frères allant jusqu’à participer à la dislocation de plusieurs de nos royaumes et la répression contre les populations.
Certains ont peut-être pensé que c’est faire acte de militantisme, que de dénoncer l’ingratitude de l’ancienne puissance coloniale à l’égard des tirailleurs et cela au détriment de toute cohérence idéologique, préférant ignorer comment cette dernière a traité ceux qui ont collaboré avec ses ennemis.
En cherchant à embrasser tout ce que nos oppresseurs ont dédaigné et rejeter tout ce qu’ils ont chéri, nous nous mettons dans une posture qui nous rend facilement manipulables. » 

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L'aide au développement

« De tous les différents dispositifs de domination de nos sociétés qui sont mis en place, l’aide au développement constitue le mécanisme le plus subtil et le plus nocif.

Elle sert les intérêts économiques, politiques des pays donateurs en leur permettant de maintenir leur tutelle sur les économies africaines. Elle constitue une arme de taille dans la guerre idéologique, menée contre le peuple africain et justifie le maillage du continent par les nombreuses organisations occidentales.

Sous le nom d'aide au développement, se retrouvent toutes sortes de projets de coopération économiques, militaires, culturels et scientifiques, des pays donateurs.

De manière générale, l’aide est destinée aux pays qui présentent quelques intérêts de nature économique, commerciale ou géostratégique pour les pays donateurs.

L’aide au développement, impose souvent aux bénéficiaires, de la dépenser dans le pays donateur, pour l’achat de biens et services. Elle permet ainsi de contrôler étroitement la destination et la nature des projets financés. Elle n’est ainsi qu’une façon détournée de subventionner les exportations des pays donateurs, qui vont inonder les marchés intérieurs des pays africains, contribuant de ce fait, à l’affaiblissement et la destruction à terme, du tissu productif local, aggravant davantage la paupérisation des populations.

Les rapports commerciaux basés sur une criarde inégalité des échanges, les nombreuses contraintes, que les pays donateurs font peser sur les pays bénéficiaires, montrent que son objectif principal et inavouable, est de maintenir la dépendance.

L’aide n’a pas vocation à faciliter le progrès économique des pays africains, mais plutôt de maintenir constamment ces États vassaux, sous perfusion, en leur octroyant une aide budgétaire qui leur sert à payer les fonctionnaires et les charges récurrentes. Elle permet aussi à l’occasion, de financer les élections truquées, afin de maintenir au pouvoir les régimes qui favorisent l’exploitation des ressources de leurs pays, au profit des pays donateurs. »

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L'Afrique, une agriculture extravertie


« Le continent africain, avec une population de près d’un milliard d’âmes (dont plus de la moitié constitué de jeunes) et bien que possédant une bonne partie des terres arables les plus fertiles de la planète, demeure un importateur net de produits agricoles et alimentaires pour nourrir sa population, et la malnutrition ne cesse d’y progresser.

Malgré l’abondance des terres cultivables du continent et l’énorme potentiel de ses ressources en eaux, les rendements à l’hectare y sont parmi les plus faibles au monde.

Et pourtant le continent africain a depuis plusieurs millénaires connu des méthodes culturales très élaborées et performantes, qui contrairement à l’idée généralement répandue, n’étaient pas toutes majoritairement orientées vers la subsistance.

L’agriculture du continent, qui, il y a cinq siècles, nourrissait des gaillards parmi les plus robustes de la terre, souffre de nos jours de famines et de pénuries à répétition, si bien qu’à l’image de ses verdoyants paysages, s’est lentement substituée celle d’immenses déserts de désolation dans l’imaginaire des peuples du globe.

Les expropriations des terres agricoles pendant la colonisation, le bouleversement des réseaux d’échanges précoloniaux par les nouvelles frontières coloniales, les mesures de restrictions d’accès à la terre pour les agriculteurs africains, les énormes concessions qui continuent d’être accordées aux multinationales, les incessants déplacements de populations, les différentes mesures de contrôle concernant la commercialisation des produits agricoles, ont eu une influence certaine sur l’agriculture de nos pays. »

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L’histoire : un important enjeu politique


« Nous croyons les yeux fermés aux discours de l’Occident sur lui-même, sur nous et sur le monde.
Nous sommes-nous vraiment posés la question de savoir, qui sont vraiment ceux qui nous embarquent dans leur propre « Aventure » ?
C’est une Europe qui lors de son contact avec « l’ancien monde » a fait preuve d’une extrême cruauté, qui va se présenter comme le berceau d’un peuple supérieur, le seul dépositaire de la « Raison » et détenteur de la vérité universelle, excluant le reste des peuples de l’Histoire, et même de l’Humanité.
Ainsi, furent posées au siècle des lumières, les bases de l’idéologie dominante européenne, celle qui allait consacrer l’émergence d’une pensée essentiellement raciste, établissant une division hiérarchique des civilisations du monde, celle qui allait servir de justificatif à leur politique d’expansion faite d'asservissement, d’extermination et d’exploitation, et qui allait jeter les bases d’une division raciale du travail à l’échelle mondiale. »

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Le contrôle du secteur bancaire


« La structure du secteur bancaire et financier illustre de façon claire, la mainmise étrangère sur la politique économique de nos pays, particulièrement ceux de la zone CFA. La majorité des banques et organismes financiers présents dans ces pays, ne sont que des prestataires de service de la BCEAO, ou sont des filiales des banques étrangères. Ces institutions soutiennent rarement les PME/PMI locales dont les plus chanceuses, reçoivent des crédits accordés à des taux d’intérêts excessivement élevés, inimaginables en Europe. »

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Un secteur industriel désarticulé et désintégré


« Un demi-siècle après les « Indépendances Africaines », force est de constater l’échec des différentes politiques de développement industrielles mises en œuvre dans nos différents pays. Le continent africain, doté d’une fabuleuse richesse minière et disposant des plus grandes réserves mondiales pour de nombreux minerais, ne représente presque rien dans la production manufacturière mondiale.

Cette faiblesse de la production manufacturière, s’explique par le fait que l’Afrique noire ne transforme presque pas ses produits au niveau local. Elle se contente d’exporter uniquement des produits primaires agricoles ou miniers dont le contrôle des prix sur le marché mondial, fixés dans les grandes places boursières occidentales, lui échappe complètement.

La faiblesse des industries de transformation de nos produits, dans les domaines des productions agricoles et minières empêche la constitution d’un tissu industriel performant.

Ainsi, le profil industriel des États africains demeure celui d’une économie de rente, tirant la majeure partie de ses revenus de l’industrie d’extraction minière, qui permet d’entretenir une élite corrompue, toute dévouée à la sauvegarde des intérêts des multinationales. »

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