Les grandes lignes de notre projet « prétexte »


Ce projet s’inscrit dans la continuité d’un ancien projet, dont l’objectif était l’accompagnement des artisans. Ces derniers constituent avec les paysans, les catégories professionnelles les plus affectés par la pauvreté.

Malgré la précarité de leur condition, ils contribuent de façon substantielle, à la campagne comme en milieu urbain, au développement économique de nos pays. Le secteur artisanal fournit des revenus supplémentaires aux populations, assure la fourniture des biens et services aux populations à faible pouvoir d’achat et participe à l’essor des échanges tant au niveau national, qu’international. C’est un secteur qui rassemble la majorité des composantes de la population hommes comme femmes, dont certains secteurs sont monopolisés par les femmes. D’où l’importance de ce secteur, dont la promotion et le développement contribueront, non seulement à la création d’emplois, à préserver les métiers qui risquent de disparaître faute d’intérêt de la part des jeunes générations qui, voyant la précarité dans laquelle les artisans exercent leur métier, préfèrent le commerce ambulant ou l’expatriation.

Il permettrait surtout d’élever le niveau de vie de ces groupes de populations précarisées afin d’en faire des citoyens qui méritent d’être pris en considération par les pouvoirs publics.

Nous avons donc mis sur pied, il y a quelques années de cela, une association dont l’objectif était d’aider au développement des potentialités des acteurs du secteur à élargir leurs capacités d’action, gérer de façon plus responsable leurs rapports avec leur environnement, afin de se rendre maître de leur propre destinée.

Partant de cette expérience, nous avons voulu élaborer un projet autour de l’agriculture.

Ce projet est une combinaison de notre « amour pour la nature » avec notre volonté de contribuer à la recherche de solutions, face aux nombreux défis économiques, politiques, sociaux et écologiques qui se posent au continent africain et au monde entier.

Dans un contexte où la biotechnologie est au centre de l'agriculture industrielle, que les géants de l’industrie agroalimentaire intensifient le processus de privatisation des semences et de la vie végétale en général. Ce processus dont l’objectif est de contrôler la production alimentaire mondiale, des marchés mondiaux, implique forcément le contrôle de la population mondiale, le contrôle de nos terres, entraînant la prolifération de l’esclavage latent, à travers la prolifération de nouvelles plantations sur le continent.

Il est plus que nécessaire d’adopter une politique de sécurité alimentaire qui passe par le recentrage sur les marchés intérieurs, la promotion de la consommation locale et des initiatives endogènes. 

La résistance face à la mainmise des géants de l’agrobusiness doit donner naissance à de nouvelles formes d’organisation des activités et des relations économiques aussi bien au niveau local qu’au niveau international.

Au niveau local, par exemple, le développement et la modernisation des coopératives afin d’empêcher la fragilisation des producteurs, combinée à une meilleure implication des collectivités locales selon des modalités plus innovantes, pourrait être envisagée.

Au niveau international, la diaspora africaine pourrait jouer un rôle plus actif dans ce processus, en s’impliquant dans la transformation du tissu productif au niveau national.

Parmi les nombreux défis auxquels fait face le continent, ceux concernant le désœuvrement des jeunes Africains figurent parmi les plus importants. Dans un contexte où nos économies ne génèrent pas suffisamment d’emplois, nous pensons que l’agriculture, malgré ses nombreuses contraintes, pourrait permettre d’enclencher une dynamique économique capable d’absorber la main d’œuvre des jeunes populations. 

La crise mondiale en cours, si elle affecte l'Afrique plus que les autres continents, offre toujours des opportunités à l'Afrique pour en sortir.

L’agriculture non-conventionnelle peut s’avérer être un choix économique stratégique pour le continent africain. Le développement d’une agriculture durable, la modernisation des méthodes de l’agriculture traditionnelle, pourrait constituer une solution efficace à la dégradation des terres cultivables et l’érosion des sols, lutter contre le processus de désertification, réduire la dépendance alimentaire du continent.

Livrer de façon assidue, le combat pour l’autonomie économique, notamment alimentaire et énergétique, ainsi que pour la maîtrise des technologies qui permettent d’assurer un développement durable. Ne plus accepter que notre environnement soit façonné par d’autres, qui au final finissent par le défigurer et le dégrader

A cette dégradation de l’environnement déjà visible dans les problèmes de désertification de certaines régions, l’érosion côtière, viennent s’ajouter la privatisation des bords de mer, les projets sans pertinence pour les populations, qui empiètent sur les forets classées et la prolifération, sous le prétexte de la promotion des énergies renouvelables, des immenses parcs de panneaux solaires, qui non seulement enlaidissent nos campagnes, mais privent les paysans de terres cultivables et de l’espace pastoral. Alors que la maîtrise des énergies renouvelables est à la portée de la jeunesse africaine dont la créativité ne doit pas être bridée en les confinant aux seules activités de montage.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit notre projet qui est la traduction de nos convictions dans les domaines politiques, économiques, sociaux et écologiques.

Ce projet a pour ambition de développer des types d’entreprises agricoles qui tout en étant moderne, s'intégreront parfaitement au mode de vie des collectivités locales et contribueront à jeter les bases d’une authentique modernisation de l’Afrique.

Se voulant socialement et écologiquement responsable, nous comptons encourager les solutions et les bonnes pratiques, permettant la gestion durable des ressources humaines et écologiques. Dans cette perspective, nous comptons également nous impliquer dans le développement des énergies renouvelables, les technologies d’accès à l’eau et les matériels agricoles plus écologiques ; dans l’organisation du secteur agricole en général.

A travers ce projet, nous comptons valoriser un art de vivre qui allie connaissance et respect de la nature et au développement économique, en montrant qu’il est possible, tout en préservant un mode de vie authentique, d’explorer les nombreuses possibilités de gérer, exploiter, d’utiliser de façon créative l’espace rural.

Nous voulons contribuer à changer la perception du monde rural, en Afrique, en montrant qu’il n’est pas condamné à être un espace de désolation et de misère, mais peut devenir un agréable lieu de résidence, un dynamique parc d’activités, et un accueillant lieu de villégiature.

Nous comptons nous engager dans l’amélioration des conditions de vie de ses concitoyens, à travers le volet associatif afin de soutenir des causes qui nous tiennent à cœur.

Pour promouvoir nos idées sur le modèle de développement et, participer à l’amélioration de l’environnement social, économique et politique au sein duquel nous comptons opérer, nous disposons d’une structure : « Small Axe Interface ».

« Small Axe Interface » servira d’instrument de sensibilisation sur les questions écologiques et de promotion d’un modèle socio-économique durable, un mode de vie plus sain et plus respectueux de l’environnement ; contribuera à l’émergence d’un tissu économique moderne et performant, en essayant de transformer les défis sociaux en opportunités économiques.

Aux différentes institutions, entreprises et organisations « Small Axe Interface » proposera : Conseils, Formations et Organisation d’événements.


Nous avons à ce sujet conçu un business plan* qui à l’origine était destiné à servir de support pour la formation des artisans, entrepreneurs ruraux et groupements de femmes. Il a été remodelé pour s’adapter aux différents porteurs de projet, de la micro entreprise à la P.M.E.

Notre modèle économique s’inspire plutôt du modèle coopératif, car ce dernier permet aux individus de satisfaire les besoins qu’ils jugent nécessaires, de garder le contrôle sur les aspects vitaux de leur existence et de renforcer la solidarité communautaire.

Toutefois, nous nous engageons à développer toute forme d’initiative, en accord avec nos principes, permettant de préserver l’autonomie des populations et d’accroître les opportunités économiques, par la création de richesse et d’emplois pour les populations. A vouloir continuer de se conformer à cette « division illusoire du travail » entretenue par ceux qui veulent nous confiner dans une conception réductrice de la « Culture », qui laisse aux « Autres » la production matérielle de biens et services, nous aurons de fortes chances de nous présenter les mains vides à ce « fameux rendez vous du donner et du recevoir ». Cette vision risque de menacer la survie de nos valeurs culturelles, car « on ne mange pas des valeurs ». Seule la capacité de subvenir à nos besoins matériels nous permettra de maintenir intactes les valeurs que nous chérissons.


Cette démarche coopérative s’applique également à l’éducation, par la mise en place de réseaux permettant de procéder à l’acquisition, au transfert, à la mise en application des connaissances individuelles et collectives, aussi bien académiques que non académiques.

C’est donc un projet qui résume notre vision, et s’il est un prétexte, consiste à nous servir des préoccupations des populations défavorisées, pour créer des espaces où nous pourrons partager des valeurs, des compétences et d’apporter notre modeste contribution au redéploiement de potentialités trop longtemps étouffées.

Sidya Diop