Quel est le sens de notre combat ?
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Je fais partie de ceux qui croient que la pleine réalisation de notre potentiel humain s’oppose à toute soumission à l’oppression, l’injustice, au fatalisme, à l’égoïsme, l’individualisme et à l’ignorance.

C’est parce que je suis contre toute atteinte à la Dignité Humaine et faisant partie en tant qu’Africain, d’une communauté dont l’humanité n’a cessé d’être bafoué depuis des siècles, que je suis panafricaniste.

Le panafricanisme est une idéologie de combat politique, qui reflète nos expériences sociales historiques collectives, qui me semble la mieux adaptée pour combattre un système oppressif qui utilise la race, la nationalité pour étouffer la pleine expression de notre humanité.

C’est seulement dans l’unité que nous pourrions faire face aux agressions impérialistes d’où qu’elles proviennent.

Ne sommes-nous pas déjà « unis » contre notre gré, sous l’oppression impérialiste et néocolonial, au sein du continent et hors du continent. Ne sommes-nous pas « unis » de fait, par les institutions de la communauté internationale, qui conçoivent pour nous des politiques et programmes à l’échelle continentale, alors qu’est-ce qui nous empêche de nous unir de notre plein gré contre cette injuste condition qui nous est imposée ?

Pour parvenir à l’unité, il nous faudra sortir du tribalisme et du patriotisme purement superficiel, sans véritable sentiment national, parce que ne reposant pas sur une solide fondation idéologique cohérente.

Le patriotisme n’est pas un accès de fièvre subite qui nous saisit à l’occasion d’événements, heureux ou dramatiques, déclencheurs d’hystérie collective, et qui nous abandonne face aux grands défis auxquels nous sommes confrontés.

C’est un engagement de tous les jours, pour le progrès collectif et la justice.

Il nous faudra comprendre l’impérialisme, ce système d’oppression, qui s’exerce dans presque tous les domaines de l’activité humaine. Tout impérialisme repose sur la complicité des membres des pays conquis, il ne suffit pas d’avoir la peau noire pour servir les intérêts des Africains. Dès lors, la couleur de la peau ne saurait être le seul critère permettant de déterminer de quel côté on se trouve dans ce combat.

Nous ne pourrons pas combattre ce système en le soutenant en même temps à travers nos choix de la vie quotidienne, par l’adoption des valeurs matérialistes, des standards et des priorités déterminés par le capitalisme. Ce système qui limite la liberté à la consommation effrénée de biens que nous ne produisons pas, repose sur la surexploitation des hommes et de la nature, constitue une menace pour l’humanité toute entière.

Dans cette perspective, si l’on peut saluer le regain d’intérêt pour l’entreprenariat au sein de la jeunesse africaine, ce serait faire preuve d’une extrême naïveté d’en faire la solution aux profonds problèmes structurels et institutionnels de nos pays.

On ne construit pas une nation avec des entrepreneurs uniquement, toute nation a fondamentalement besoin d’un système de santé efficace, d’un système éducatif, d’instituts de recherches performants, d’infrastructures permettant le développement d’un tissu industriel et commercial compétitif.

Les divers projets de PME ne pourront servir au développement du continent, tant qu’ils ne s’inscriront pas dans une dynamique de réformes structurelles profondes, portées par un ou plusieurs Etats assez forts, capables de procéder à une réorientation systémique de la place de nos économies au sein de l’économie mondiale.

Nous sommes pour la rupture définitive avec ce mimétisme servile de l’Occident qui étouffe toute créativité et nous empêche de trouver notre propre voie.

C’est par une position idéologique ancrée dans la réalité, que nous pourrons changer de perspective, notre façon d’appréhender le monde et notre manière d’y prendre position.

En tant que combattants pour la justice, nous ne saurions être indifférents au sort de ceux qui, à travers le monde, luttent contre l’oppression.

Nous n’avons rien contre les autres peuples, mais nous refusons de toute notre force toute forme de domination.

 

Si nous sommes ouverts à tous les souffles et énergies révolutionnaires du monde, nous ne cherchons aucun raccourci et sommes déterminés à ancrer notre combat dans les traditions de luttes de nos peuples.

Nous sommes pour de profondes transformations de la condition des populations, loin de cette culture de l’assistanat qui maintient le statu quo, à travers des rapports marqués par la condescendance d’un côté, et l’obséquiosité intéressée de l’autre.

Les formes d’organisation, les stratégies et orientations de la lutte pour l’indépendance des peuples africains ne peuvent pas être identiques à celles des pays du nord, qui eux-mêmes ne constituent pas un bloc homogène.

Les populations du sud, contrairement aux pays du nord, ne bénéficiant d’aucune politique d’aide sociale, de couverture maladie, d’infrastructures de base, eau, électricité, routes praticables, institutions financières nationales entre autres, doivent adapter leurs formes d’action et d’organisations à leur contexte.

L’Afrique, contrairement à la Chine et l’Inde auxquels on la compare souvent avec une certaine légèreté, est un continent caractérisé par son morcèlement en micro-Etats. Les frontières coloniales, de par les restrictions qu’elles imposent à la libre circulation des personnes et des biens, les barrières douanières, l’absence de lignes ferroviaires, transnationales, de liaisons aériennes peu coûteuses, la présence d’armées d’occupation étrangères, constituent autant de contraintes qui le rendent vulnérable à toutes sortes de déstabilisations, et empêchent l’établissement de réseaux économiques, commerciales, de liens de coopération et de solidarité durables.

Nous pensons que nous ne pouvons pas conserver les mêmes méthodes de combat qui datent de près d’un siècle, dans un monde en constante mutation. Aucun peuple ne s’est libéré en se contentant seulement de battre le pavé, ou en s’indignant continuellement devant les exactions des dominant.

La compréhension des mécanismes du système impérialiste global, doit nous donner les moyens de le démanteler, pas d’attendre justice d’un système qui en est dépourvu.

Nous devons être capables d’affirmer notre humanité en dénouant avec notre esprit et notre volonté, les liens de la servitude qui nous sont imposés. La prise de conscience véritable doit s’accompagner d’actions concrètes en vue de la transformation de notre condition collective et celle du monde. Le savoir à lui seul ne constitue un « pouvoir » que s’il se traduit pas en action, comme le dit le proverbe : « qui s’instruit sans agir laboure sans semer ».

Nous devons nous engager dans un processus de transformation au niveau individuel qui nous permettra de redevenir de véritables constructeurs de nations, et non pas ceux qui quémandent leur libération auprès de leurs oppresseurs.

Nous sommes pour un militantisme véritablement constructeur, dans cette perspective, nous considérons qu’il est de notre devoir d’accompagner les populations pour l’accès aux commodités de base, l’accès à l’eau, à l’électricité, aux soins de santé, à une alimentation saine, une éducation de qualité; et des infrastructures permettant de mener leurs activités économiques.

Pour nous, le combat panafricaniste consiste fondamentalement à nous engager dans un processus de transformation de nos mentalités, habitudes et comportements, qui résulte de la volonté d’améliorer les conditions d’existence de nos semblables, de la société et de l’humanité en général.

Volonté qui nait de la prise de conscience, que la persistante condition de misère ne résulte d’aucune malédiction, d’aucune déficience mentale et ne relève encore moins de l’ordre naturel des choses, mais de leur exploitation par des classes politiques, religieuses, nationales ou étrangères et qu’il faut s’organiser pour y mettre fin.

Une véritable conscience politique, est celle-là même qui doit nous rendre déterminés à chercher des solutions et des réponses appropriées, permettant de mettre un terme à notre oppression ; qui nous pousse à devenir de véritables agents de notre libération collective.

En remodelant la vie personnelle, réévaluant les valeurs existantes afin de procéder à la transformation fondamentale des principes et valeurs qui gouvernent les institutions politiques économiques, sociales de nos sociétés.

C’est tout simplement - nous engager dans un processus révolutionnaire.

Notre combat contre l’oppression repose sur l’amour de la Liberté, et de la Justice.

Nous considérons que c’est faire œuvre de justice, que de lutter pour que les Africains dépossédés de leur humanité, depuis des siècles, puissent reconquérir le pouvoir sur eux-mêmes et sur leurs destins. 

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Dernière publication : 22/11/2022