Pour un Cadre Unitaire des Forces Vives
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Après plus d’un demi-siècle de pseudo indépendances, il apparaît évident que nos pays sont gouvernés dans leur grande majorité par une classe politique qui est clairement au service d’intérêts étrangers. Cette classe dirigeante est occupée à l’organisation du pillage systématique de nos ressources naturelles, au bradage de nos terres et participe à maintenir le secteur économique, à l’échelle continentale sous le contrôle des entreprises étrangères. Elle a instauré un système basé sur la corruption, le clientélisme et l’endettement pour des générations, qui participe à maintenir le peuple africain dans la servilité.

Elle a pris en otage le peuple avec le soutien d’une bourgeoisie parasite, d’académiciens qui vivent principalement des subsides des forces néocoloniales, et la complicité de certaines autorités religieuses et traditionnelles.

Face à cette situation d’impuissance généralisée qui menace la survie de nos sociétés, nous pensons que la vie politique de nos pays ne saurait se limiter au rythme monotone des échéances électorales. Celles-ci avec leurs florilèges de promesses jamais tenues, favorisent la division au sein des populations plus qu’elles ne permettent de les mobiliser afin de s’attaquer aux tâches prioritaires d’amélioration de leurs conditions d’existence. Elles ne servent en définitive, que de leurre pour perpétuer le statu quo.


Nous pensons que pour sortir nos populations du cycle infernal de l’exploitation, de l’oppression et de la misère, il faut une transformation radicale de nos sociétés en vue de créer les conditions de la réappropriation par les peuples de leurs instruments économiques, politiques, de leur souveraineté effective. Cela nécessite une mobilisation de toutes les couches sociales pour transformer notre condition de façon positive.

L’Afrique n’appartient pas à nos dirigeants. Ces derniers sont censés être au service de nos aspirations, et au bout du compte, nous sommes responsables de nos existences et de l’état de l’Humanité toute entière. L’état du pouvoir en Afrique dépend grandement de la manière dont les Africains ont décidé d’interagir les uns envers les autres ; si nous voulons changer sa nature, nous devons changer la nature de ces interactions.

La lutte contre la domination du continent africain et l’exploitation de ses populations est un combat dans lequel les organisations africaines de tous bords devraient s’impliquer davantage.

La longue liste des dirigeants martyrs qui se sont succédés, ne devrait-elle pas nous pousser à nous demander si l’Afrique n’a pas plus besoin de peuples forts que de bons dirigeants ? Peut-on accéder au « pouvoir » et changer la situation en comptant sur des populations de plus en plus dépossédées de leurs moyens de survie, de toute emprise sur leur existence et sans conscience des enjeux socio-économiques à l’échelle mondiale ?

Si nous jetons un regard attentif et lucide sur la situation du monde en général, et du continent africain en particulier, on se rend compte que la matrice coloniale, le système par lequel se reproduit l’exploitation des ressources et du labeur des populations africaines est toujours présente.

La grande différence de nos jours, c’est que les investisseurs n’ont plus besoin de faire usage de la force pour pénétrer nos marchés les capitaux considérés de nos jours comme une nécessité selon les théories économiques dominantes, les capitaux continuent de venir librement de l’étranger, pour exploiter les matières premières et les ressources humaines, et les profits repartent vers les pays d’origine des investisseurs. La violence est utilisée pour garder les zones d’influence, menacer les dirigeants jaloux de leur souveraineté ou réfractaires à toute forme de vassalité.

Le consumérisme s’est massivement amplifié pour devenir notre principal signe d’identification, à coté de nos titres et postes obtenus dans les institutions occidentales.

Parce que la colonisation est envisagée comme un phénomène relevant du passé et non comme un processus qui continue dans le présent à travers les mécanismes, dispositifs, procédures et institutions mis en place dans le passé, et qui continuent de s’adapter en fonction de l’environnement économique, technologique et de l’intensité des résistances.

Ainsi, tandis que nos dirigeants déroulent le tapis rouge aux investisseurs, les Africains qui servent les intérêts des détenteurs de capitaux sur le continent comme en dehors, sont non seulement devenus plus nombreux qu’à l’époque coloniale, mais ils le font avec une naïve fierté.

L’acceptation de la domination coloniale est justifiée par la fatalité d’une « mondialisation » au sein de laquelle nous jouons toujours le même rôle, les rapports de force n’ayant pas changé.

C’est justement ce rapport de force à l’origine de la colonisation, qui détermine la nature des relations entre Etats souverains et permet de maintenir les inégalités dans les relations internationales.

L’interdépendance des Etats et des peuples n’est pas incompatible avec la quête de souveraineté comme veulent le faire croire ceux qui veulent confondre souveraineté et autarcie.
La dépendance des pays industriels pour l’approvisionnement en matières premières des pays du sud ne les rend point vulnérables devant ces derniers qui ne constituent point une menace à leur souveraineté, bien au contraire.
C’est justement en raison de ce rapport de force que nous voyons ceux qui vantent les vertus du libre-échange, de la libre concurrence, de la compétitivité, user pourtant de tous les moyens nécessaires, économiques, financières, juridiques et militaires, allant jusqu’à paralyser l’économie et l’industrialisation de nations entières pour contenir toute concurrence, afin d’empêcher l’émergence de peuples pourtant censés être défavorisés par la nature, qui menacent leur hégémonie.
Sortir de la matrice coloniale nécessite une rupture avec la tutelle intellectuelle qui consiste à considérer comme neutre et objectif l’endoctrinement idéologique dont nous faisons l’objet à travers le système éducatif qui, s’il nous procure certes des compétences techniques, fait de nous principalement des serviteurs de l’empire.

Pouvons-nous continuer d’attendre la transformation de nos sociétés du sommet ?
De rejeter la faute sur nos dirigeants, dégageant toute responsabilité dans notre condition, espérant que d’autres individus se sacrifient pour notre progrès collectif ?
De trouver notre confort dans cette posture de spectateurs, d’éternels commentateurs de l’histoire en marche, de déconstruction permanente qui nous confine à un engagement purement académique où les militants anti impérialistes communiquent plus entre eux qu’avec les masses populaires ?
De dénoncer le racisme individuel en nous émouvant sporadiquement devant des propos racistes venant d’individus dépourvus de tout pouvoir, sans nous préoccuper du racisme institutionnellement organisé par l’impérialisme et le néocolonialisme ?
De limiter le combat à des commémorations et célébrations sans construire les institutions et infrastructures matérielles et institutionnelle de base permettant d’alléger le fardeau des générations à venir dans ce combat de longue haleine ?

Il s’agit de rompre définitivement avec ce fatalisme qui cache mal un certain désintérêt face aux problèmes collectifs et de nous atteler à la construction d’institutions qui permettront la transformation de notre condition.
N’est-ce pas une façon assez commode de nous départir de notre responsabilité nous donnant bonne conscience, en attendant le changement d’en haut et non point à la base de nos sociétés, en jetant les fondements d’une révolution culturelle profonde ?

Pouvons-nous dans ces conditions continuer de pointer le doigt sur des dirigeants, dont les plus intègres font l’objet d’attaques de tous genres, tout en continuant dans notre grande majorité, d’alimenter par nos compétences et habitudes de consommation, mode de vie, le système qui continue ainsi de se maintenir ?
Comment l’esprit patriotique pourrait-il fleurir sur un continent ou depuis l’époque coloniale, coexistent deux circuits ou système économiques et de socialisation parallèles ; celui dit indigène, qui n’a cessé d’être affaiblie et étouffé, et celui dit moderne, qui bénéficie de la loyauté de bon nombre d’Africains qui doivent leurs revenus, statuts et prestige aux entreprises, institutions et organisations de ce secteur ?

Ce dernier disposant de plus de moyens financiers que nos Etats, structure et contrôle nos sociétés d’un façon plus efficace que ces derniers, à travers les dispositifs, protocoles, mécanismes d’accès aux financement des entreprises, des collectivités territoriales, associations et populations locales, collecte de données, maitrise de notre environnement et des circuits logistiques entre autres moyens d’influence que permettent les nombreux programmes projets d’aide au développement mises en place par des organisations non gouvernementales mais dont les activités sont éminemment politiques.
Face à la reconfiguration de l’ordre international mondial, qui se traduit par des tensions géopolitiques porteuses d’énormes menaces sur la paix mondiale, la souveraineté de nos Etats, et la sécurité de nos populations, nous Africains, persistons dans un état d’impuissance qui nous maintient dans la torpeur.

Quelle est notre réponse collective face aux velléités ouvertement affichées de recolonisation physique de notre continent ?
Quelle attitude adopter face aux différentes agressions des Etats-Unis et de ses alliés contre la souveraineté d’Etats indépendants comme le Venezuela et l’Iran, les ingérences au Nigeria, les tentatives de déstabilisation du Sahel, les sanglants conflits au Congo, au Soudan, en Somalie, le génocide à Gaza, la guerre, ainsi que tous les foyers de tension dans le monde ?
Quelles sont nos possibilités de sanctions face aux abjectes agressions négrophobes en Afrique du Sud qui font partie de ces nombreuses tentatives d’entretenir la division entre les peuples africains et de briser l’élan du renouveau du panafricanisme ?
Quelle contre-offensive proposons-nous face à la nouvelle forme d’accaparement des terres du continent qui s’effectue à grand échelle sous le prétexte de séquestration du carbone et de préservation de la nature ou la promotion d’un tourisme écologique qui menace la survie de nos communautés et de notre sécurité alimentaire ?

Devant l’étendue de la détresse humaine causée par l’oppression capitaliste qui interpellent toute conscience humaine, peut-on se satisfaire de nous enorgueillir de la pertinence de nos analyses, ou nous vanter de la justesse de nos prédictions, sans contribuer chacun à notre niveau à trouver des réponses concrètes à ces pratiques de domination qui participent à maintenir le continent Africain dans les chaines de la servitude ?

Nous pensons qu’il est plus que jamais impératif de procéder à l’union des forces vives Africaines si nous voulons faire face aux énormes défis qui pèsent sur le continent ; de sortir de cette logique d’émiettement des organisations sans aucune coordination entre elles, si nous voulons redonner un cadre d’expression adéquat à la soif de changement des populations.
Cela nécessite un travail de réorientation idéologique et stratégique du Panafricanisme.

Le panafricanisme, comme toute idéologie, prend la direction que lui impriment ses acteurs. Il connaît ainsi plusieurs courants et tendances, qui a l’heure actuelle doivent unir leurs efforts pour face aux nombreux défis auxquels sont confrontés les populations africaines.
Il est généralement défini comme le mouvement global qui tend vers l’Unité de l’Afrique et des Africains contre l’oppression et l’exploitation sous l’hégémonie occidentale, promeut la solidarité des Africains à travers le monde, est basée sur l’idée que l’unité est nécessaire pour le progrès économique, social et politique du continent.
Seulement, cette unité, qui n’est pas une finalité, ne saurait se faire avec tous les Africains, du moins, pas avec ceux qui profitent de l’oppression de leur peuple ; elle doit concerner ceux qui sont déterminés à travailler pour le progrès social des populations.
L’unité ne doit pas s’effectuer non plus, sous la tutelle étrangère comme elle se dessine à travers les différents cadres d’intégration sous régionales et régionales actuelles, qui ne sont en réalité que des espaces où l’Empire, par la mise en place d’un cadre législatif et politique accommodant, façonne l’environnement au sein duquel vont opérer ses entreprises multinationales.
L’unité sous la dépendance de nos oppresseurs ne saurait en rien garantir la sécurité de nos populations et assurer leur prospérité. Sans véritable politique d’industrialisation, d’infrastructures de transports intra-Africains, sans de coopération économique et commerciale, d’abolition des frontières permettant la libre circulation des citoyens Africains, il serait difficile d’entrevoir des chances de voir ces espaces d’intégration profiter aux Africains.
L’unité de l’Afrique, n’a de sens que si elle permet d’acquérir et préserver notre indépendance politique, souveraineté économique, financière, militaire, culturelle de nous doter de tous les moyens nous permettant de ne plus subir la violence et l’humiliation de la servitude.

L’unité doit servir le rêve de voir une Afrique qui retrouvera sa place en tant qu’entité géopolitique libre dans le concert des nations.
Le Panafricanisme devrait être en mesure de capturer et traduire les aspirations des travailleurs réduits à la précarité, condamnés dans leurs propres pays à travailler à vie comme journaliers, sans aucune protection sociale, délaissés quand ils sont mutilés après des accidents de travail en un programme politique. Il devrait épouser les ambitions des femmes qui souhaiteraient vivre dans une Afrique qui garantirait leur sécurité, et leur donnerait les conditions de faire épanouir leurs potentialités.
Nous pensons aussi que l’unité du continent ne devrait pas non plus se faire sous le modèle économique capitaliste occidental, dont le principe est d’organiser les conditions d’enrichissement d’une minorité, par l’exploitation du grand nombre. Ce modèle ne fera que reproduire le cycle de l’oppression et de l’exploitation.

Avons-nous réellement besoin de nous lancer dans cette folle compétition, qui consiste essentiellement, à rivaliser d’imagination afin d’obtenir la réduction des coûts de production, par la surexploitation des travailleurs, des producteurs et la baisse de la qualité des produits ? Nous ne voyons pas l’intérêt de suivre le reste du monde dans cette entreprise de transformation du monde en un vaste atelier entièrement dédiée à la production à outrance, exploitant les humains, torturant les animaux, agressant l’environnement, réduisant presque à néant, tout espace de respiration spirituelle et de recréation sociale.
Nous n’allons pas pour autant rester les bras croisés à regarder se faire le partage du continent africain et laisser le contrôle des leviers économiques entre les mains de corporations multinationales étrangères. Nous possédons de moins en moins de terres et d’entreprises sur le continent. Nous devons créer les conditions de notre survie, voire de notre prospérité, créer des opportunités d’emplois pour les jeunes et des alternatives pour les populations en difficultés, regagner le contrôle sur nos économies, créer des structures économiques et institutions financières qui permettront de sortir progressivement de la dépendance.

Cette solidarité devrait s’inscrire dans une logique permettant l’élaboration d’une alternative au système économique actuel. L’interdépendance économique fait qu’un système économique socialement solidaire ne saurait se limiter qu’aux seuls acteurs Africains. La collaboration économique avec les autres peuples devrait reposer sur des principes qui tiennent compte du mode de financement des entreprises, de leurs méthodes de production, des conditions de travail et de l’impact sur la santé et l’environnement ; Et surtout, la manière dont elles permettent aux populations d’échapper à l’exploitation, d’avoir plus d’emprise sur leurs conditions d’existence, et d’accroître leurs capacités d’action politique et d’affermir leur liberté.
C’est peu de dire que le militantisme africain a des tâches beaucoup plus importantes qui vont au-delà de simples discours politiques, de la rhétorique anti occidentale ou du permanent commentaire des mouvements de l’empire.

Le récit eurocentriste que l’Occident nous a présenté comme une histoire du monde n’est pas seulement un discours idéologique erroné, qu’il nous suffirait juste de déconstruire, d’en révéler les contrevérités, pour nous protéger des ravages causés par les pratiques, mesures politiques impérialistes qu’il permet de justifier.
Car derrière le raffinement de surface, l’éloquence des discours et la générosité des idées, se cache une barbarie des plus brutales, dont les évidences sont visibles sous nos yeux.

L’analyse du système impérialiste a pour objectif de nous doter d’une vue assez perçante pour sortir des ténèbres dans lesquelles on veut nous maintenir, et non pas de nous priver de toute volonté d’expression de notre puissance, d’être porteurs d’une mission qui nous permettrait de construire un univers reflétant les valeurs auxquelles nous sommes attachés.

Le panafricanisme doit-il consister seulement à présenter les visions des « pères fondateurs » du panafricanisme à un public principalement composés de jeunes ayant fréquenté l’école occidentale, à l’exclusion de la grande majorité des Africains sans l’engagement et la participation desquels la construction d’une Afrique forte ne saurait se faire ?

Les éléments de la pensée panafricaniste ne sont pas étrangers à la culture Africaine. Les principes de l’autodétermination et de l’autonomie, ne constituent point des innovations introduites par des penseurs panafricanistes. Elle est la preuve justement de la compréhension par ces derniers que ces principes s’inscrivaient dans la continuité de l’histoire du peuple africain.
C’est pourquoi, parmi cette catégorie de populations considérées comme illettrées, on retrouve des structures organisationnelles originales et des expériences d’autogestion dont le mouvement Panafricain pourrait s’inspirer.
Si nous devons respecter nos aînés qui, à des moments différents, ont incarné le combat pour la libération des Africains et se sont sacrifiés pour nous, nous devons, en vue de leur faire honneur, parfaire leur œuvre. Et cela ne saurait se faire sans interroger leur méthodologie, tester la pertinence de leurs idées par rapport à la marche du monde actuel. Si, nous hisser sur des épaules de géants nous a permis de voir plus loin, il nous faudra en descendre pour effectuer le chemin qui nous reste à parcourir et acquérir nous aussi des expériences qui serviront de leçons aux générations futures.

Le panafricanisme ne saurait être limité au rêve d’un individu, mais doit exprimer la réalisation des aspirations collectives des populations africaines en se mobilisant autour de leurs préoccupations sociales et leurs intérêts économiques.
La compréhension des mécanismes du système ne devrait pas nous limiter à sa constante dénonciation. Elle doit servir à la construction de nouvelles alternatives, de nouvelles formes de luttes contre la domination impérialiste occidentale en s’attaquant aux mécanismes d’exploitation économiques qui lui permettent d’avoir prise sur nos existences et d’étouffer nos potentialités humaines.
Le panafricanisme, s’il veut resserrer les liens communautaires, ne doit pas être exclusif en entretenant des points de divisions sur des questions qui au moment actuel, ne constituent pas des obstacles majeurs dans le processus d’unification des forces favorables au changement.
Chacun peut, de sa position, contribuer positivement à faire avancer le combat pour la libération du peuple Africain.
Le panafricanisme n’est pas une religion, mais un cadre d’expression de notre engagement pour la lutte contre l’injustice de l’oppression que subissent les Africains.
Le Panafricanisme devrait être en mesure de capturer les aspirations des travailleurs réduits à la précarité, condamnés dans leurs propres pays à travailler à vie comme journaliers, sans aucune protection sociale, des jeunes diplômés qui n’ont d’autre choix que d’accepter des stages à durée indéterminées. Il devrait épouser les ambitions des femmes qui souhaiteraient vivre dans une Afrique qui garantirait leur sécurité et leur permettrait de faire épanouir leurs potentialités.
Tout combat requiert un perpétuel processus de réflexion critique, d’autocritique, d’évaluation, de réévaluation, de réajustement et de transformation.

L’heure est à la résolution des obstacles qui s’opposent à l’émergence d’organisations panafricaines capables de peser sur la vie politique et économique du continent et d’accompagner les luttes des peuples pour l’avènement d’une Afrique debout.
Pourquoi devrions-nous accepter d’être un peuple à qui on cache son passé, manipule son présent et choisit son avenir ?
Devrions-nous, Africains du continent et de la diaspora, attendre passivement que les dirigeants africains daignent prêter plus attention à nos aspirations, nos projets ou bien est-ce à nous qu’il appartient de paver le chemin de nos rêves et ambitions en acquérant suffisamment de pouvoir pour influer sur le cours de notre destin, en mettant en place des institutions, mécanismes, protocoles qui vont pouvoir influencer, former, voire produire le leadership que nous voulons voir émerger ?

Les Africains pourraient se réunir autour d’objectifs communs qui consisteraient à :
• Doter la communauté africaine d'une organisation qui nous permettrait répondant à aux enjeux majeurs auxquels nos communautés sont confrontées aujourd’hui ; et d’être capables d’intervenir sur les décisions au niveau international qui nous concernent particulièrement,
• Créer des mécanismes de collaboration et de coopération au sein de la société civile africaine mondiale, ainsi qu'entre cette dernière et les autorités et les décideurs d'Afrique et d'ailleurs,
• Créer une large dynamique de réveil au niveau africain et de sa diaspora, construire un large front contre la prédation capitaliste au niveau africain et de sa diaspora,
• Accroître notre capacité d’intervention, avoir plus de contrôle sur notre environnement, en partageant avec les populations les connaissances, compétences et méthodes nécessaires pour affronter les défis auxquels nous sommes sont confrontés,
• Réfléchir sur les alternatives politiques et économiques Créer les conditions permettant de réaliser des alternances politiques non violentes, et sans interventions étrangères,
• Créer des structures économiques et financières qui permettront créer les conditions de notre souveraineté économique, réduire notre dépendance et créer des propres opportunités pour les jeunes et les générations futures.

Ce sont là des tâches qui peuvent être entreprises par toute personne engagée, indépendamment de son sexe, de sa croyance et de ses choix dans sa vie privée.
Nous sommes convaincus que seule une action collective, consciente et organisée permettra de bâtir une Afrique libre et prospère.
L’unité, qu’elle soit idéologique, organisationnelle, opérationnelle entre autres, ne tombe pas du ciel, elle se construit. C’est en travaillant ensemble qu’elle prendra forme, par une plus grande implication des Africains dans la transformation de leurs sociétés, en créant les conditions permettant d’émergence d’une conscience citoyenne plus responsable, d’une pensée intellectuelle plus féconde, d’une pratique politique véritablement transformatrice et d’une démarche entrepreneuriale plus audacieuse et plus engagée.

Pour faire face à ces défis, le panafricanisme doit s’engager à la compréhension des acteurs sociopolitiques présents dans nos pays, de leurs idéologies et intérêts dans la dynamique politique nationale.
Renforcer les capacités des individus, opérer des changements dans le cadre des institutions ou à les remplacer, si nécessaire.
S’investir dans le processus de résolution des problèmes, ce qui suppose nécessairement coopérer, sanctionner, négocier, nouer des alliances, en somme faire de la politique, si nous voulons opérer des transformations majeures.
Nous, Africains, reprendrons l’initiative historique lorsque nous serons profondément indignés par la persistance de la pauvreté et de l’humiliation, quand nous cesserons de nous faire tous petits devant l’Oppresseur, et irrésolus face à l’ampleur de la mission qui nous incombe,


Lorsque nous transformerons radicalement et positivement la nature de nos relations sociales, des rapports entre hommes et femmes, entre adultes et enfants, envers notre environnement et surtout, notre rapport à l’argent, nous serons alors véritablement sur la voie de la reconquête de notre destin et de la restauration de la dignité de l’Afrique et des Africains.

C’est à cette dynamique que nous invitons les Africains qu’ils soient militants panafricanistes, associations, syndicats, partis politiques ou individus. Dynamique qui consiste à joindre les efforts pour inverser la courbe de la décadence du continent Africain et embrasser avec détermination le rêve de refaire de l’Afrique, la nouvelle terre d’accueil des assoiffés de Liberté, de Justice et de Paix.


Nous vous invitons à rejoindre le mouvement que « Souffles Panafricains »
 a décidé de mettre sur pied pour la Renaissance Africaine, le :

Réseau International de Solidarité
et d’Echanges pour l’Unité Panafricaine
(R.I.S.E. - U.P.)

Objectifs

  • Rassembler les associations, partis politiques, organisations religieuses et instituts même s’ils sont d’idéologies différentes, souscrivant aux principes et programmes d’action à exécuter établis en concertation ;
  • Créer des mécanismes de collaboration et de coopération au sein de la société civile africaine mondiale ;
  • Chercher un consensus sur les questions majeures qui concernent la communauté africaine pour parler d’une seule voix sur ces sujets ;
  • Travailler au renforcement des capacités politiques, sociales et économiques des membres de la communauté Africaine ;
  • Soutenir toute initiative en accord avec nos principes permettant de préserver l’autonomie des populations et d’accroitre les opportunités économiques, de création de richesse et d’emplois pour les Africains.


C’est donc d’abord par l’union de nos forces que nous pourrons mettre fin à cette entreprise de domination et retrouver notre pleine dignité humaine.


Le panafricanisme est un impératif moral qui doit nous permettre de surmonter des siècles de tragédies, et faire face à la domination du continent et nous réconcilier avec nous-mêmes.


L’objectif ultime est de favoriser une plus grande implication des Africains dans la transformation de leurs sociétés, en créant les conditions permettant l’émergence d’une conscience citoyenne plus responsable, d’une pensée intellectuelle plus féconde, d’une pratique politique véritablement transformatrice et d’une culture d’entreprise plus audacieuse et plus engagée.

Principes fondamentaux qui guident notre action

  • Nous affirmons avec force, notre profond respect pour la vie et la dignité Humaine, le respect des Animaux de la Nature et de l’Environnement ; et sommes contre toute forme d’exploitation, d’avilissement de l’être humain, de maltraitance des animaux et de dégradation de la nature ;
  • Nous exprimons notre total dévouement pour la libération du continent africain et des Africains de toute oppression ;
  • Nous nous engageons à renforcer les liens économiques, scientifiques et culturels et d’œuvrer pour l’unité politique et l’intégration économique du continent Africain ;
  • Nous sommes contre toute forme de haine et de discrimination basée sur l’appartenance raciale, ethnique, sexuelle ou la croyance religieuse.

Le R.I.S.E. - U.P
Plateforme internationale


Cette plateforme vise à rassembler sur les points suivants :

  • Exiger la rupture avec les pratiques oppressives horizontales qui s’inscrivent dans la continuité des relations de mépris envers les populations indigènes, en adoptant un nouveau contrat de confiance établissant des rapports entre gouvernants et gouvernés plus respectueux, favorisant la participation de toutes les composantes de la société à la construction nationale ;
  • Améliorer les relations entre agents de l’administration et citoyens en adoptant une attitude correcte et attentive envers ces derniers, protégeant et respectant la dignité de l’être humain ;
  • Veiller à garantir la souveraineté politique, économique monétaire et financière commerciale et renforcer les échanges intra-africains ; défendre la dignité de nos populations, en garantissant l’accès de tous, aux services fondamentaux nécessaires à tout être humain ; la protection de nos ressources naturelles et de l’équitable distribution des fruits de leur exploitation parmi les populations ;
  • Mettre fin au bradage des terres, faire respecter le droit à la terre des populations, rendre effectif leur consentement libre et éclairé, ainsi que leur participation à tout processus de prise de décisions visant leurs terres, ou concernant l’exploitation pétrolière, minière, industrielle, projet de développement sur leur territoire, susceptible d’avoir un impact sur leurs activités économiques, leur santé et leur environnement ; de même que le partage des bénéfices de ces activités ;
  • Sortir de l’économie extractive pour celle d’industrialisation, créer les conditions du développement et de l’expansion des entreprises nationales, par la mise en place d’un cadre administratif plus souple et des incitations fiscales ;
  • Faciliter l’accès aux petites et moyennes entreprises nationales aux financements et aux offres de marchés, en les protégeant contre la concurrence étrangère ; et en donnant une place de choix aux investisseurs nationaux, dans des secteurs d’activités stratégiques ou structurants de l’économie nationale ;
  • Se doter d’un cadre réglementaire qui insiste sur la responsabilité des banques et institutions financières, et la fourniture de services bancaires respectueux des droits et intérêts des clients, transparents, standardisés, en mettant un terme aux taux d’intérêts prohibitifs ;
  • Lutter pour la protection des droits des femmes; et contre toutes sortes de violences, d’abus, de harcèlements physiques, ou psychologiques envers les femmes et d’atteinte à leur dignité ;
  • Protéger les enfants et mineurs contre toute forme de négligence, d’exploitation, d’abus et de maltraitance et d’addictions ;
  • Garantir la liberté de circulation des biens et des personnes aux ressortissants africains, et soutenir les membres de la diaspora africaine, ancienne et récente, dans leurs projets de retour et de création d’entreprises, en leur accordant au moins, la même protection que les investisseurs étrangers ;
  • Lutter de façon systémique contre la corruption ;
  • Exiger de nos Etats, l’établissement d’un cadre régulant la présence et les modalités d’intervention des ONG étrangères sur le continent ;
  • Exiger un seuil minimum d’infrastructures médicales et de spécialistes de santé en fonction de l’importance et des besoins des populations ;
  • Procéder à la décolonisation de l’enseignement en procédant à la mise en place d’un système éducatif centré sur les valeurs africaines et adapté aux enjeux politiques, économiques, aux défis technologiques et intérêts sociaux, des populations africaines ;
  • Réclamer une politique agricole de souveraineté et de sécurité alimentaire, reposant sur le développement des forces endogènes s’inspirant des principes de l’agroécologie, qui aide les paysans à regagner le contrôle sur leurs pratiques culturales à la protection de leur système semencier traditionnel, en leur garantissant le droit d’utiliser produire, multiplier et vendre leurs semences ;
  • Engager une courageuse et juste réforme foncière, protéger les réserves foncières nationales et mettre fin à l’accaparement des terres ;
  • Mener une politique environnementale transversale, lutter activement contre la déforestation, toute forme de pollution et de pratiques agricoles et industrielles qui menacent le vivant ;
  • Lutter pour le retour des biens culturels pillés pendant la colonisation.

P.S.


Ce réseau, prélude à un mouvement social, sera structuré autour d’organes et d’institutions, qui seront chargés de porter la feuille de route du mouvement dans différents domaines.
Au niveau local elle peut être adaptée aux spécificités nationales.

Contribuer à l’émergence d’une Afrique nouvelle debout en rejoignant Nous vous invitons à rejoindre le comité consultatif du mouvement chargé de formuler conseils, avis et recommandations.



15 mai 2026